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L'histoire de Servion

Aperçu historique :
 
A l'époque romaine
En l'an 58 avant l'ère chrétienne, notre région fut conquise par Jules César et devint une province romaine. Lors de la soumission des Helvètes à César, ceux-ci devinrent sujets du peuple romain. Ils conservaient une certaine autonomie locale mais payaient à Rome un tribut. Donatus Salvianus, esclave d'Auguste (mort en 50 après J.C.) est mentionné comme percepteur d'impôts de la région (exactor tributorum). Cependant, rien ne prouve qu'il existe une relation entre Donatus Salvianus et le village de Servion.
 
Au Moyen-Age

Au Moyen Âge, les terres de la région d'Oron se répartissaient principalement entre trois seigneuries: celle de l'Abbaye de Haut-Crêt, celle d'Oron et celle de Palézieux. L'Abbaye cistercienne de Haut-Crêt fut fondée en 1134 par Gui de Merlen, évêque de Lausanne, sur les terres actuelles des Thioleyres et des Tavernes. Parmi les très nombreux domaines dépendant de cette abbaye se trouvait notre village, ainsi qu'entre autres Essertes et Châtillens. La seigneurie d'Oron était quant à elle en partie possession de la royale Abbaye de Saint-Maurice.

Tant le cartulaire de Haut-Crêt que les archives de l'Abbaye de Saint-Maurice citent un certain nombre de faits et personnages que l'on peut situer entre le XIIe et le milieu du XVe siècle. Il s'agit notamment de Paganus de Salvion (ou Payen de Salvion) cité en 1141. Il est le premier membre connu de la famille de chevaliers portant le nom de notre village, qu'elle avait pour fief.

Pierre de Salvion vivait, lui, en 1259. À cette époque, il remit pour le prix de douze livres lausannoises l'avouerie de cette terre à Pierre de Savoie. L'avoué y faisait administrer la justice et percevait annuellement de tout chef de famille une coupe d'avoine et une poule.

Un sceau du chevalier Guillaume de Sarvyon (ou de Servion), en 1291, représente un lion dans le champ (similitude d'armoiries avec Vuibroye).


Sceau de Guillaume de Servion (1291)

En 1856, l'héraldiste de Mandrot, se fondant sur une source aujourd'hui inconnue, attribua cependant aux nobles de Servion les armes que la commune a relevées intégralement en 1923 : de sinople à la bordure d'or, à la bande de gueules brochante.

Etablie à Moudon, la famille de Servion s'éteignit au XVe siècle à la mort d'Antoine de Servion, Châtelain de Moudon en 1446.

Servion, au cours de diverses périodes du Moyen Âge, a ainsi porté divers noms tels que : Sarvyon, Salvion, Salvianus, Saluion.

Le plus ancien document original encore en possession de la Commune date du 10 juillet 1340. Il s'agit de l'acte d'abergement du bois de Faoula.

 
XVe-XIXe siècle

En 1453, il y avait dans le village une chapelle dédiée à Saint Maurice et ombragée par un orme qui, au XIXe siècle, avait acquis une telle circonférence que trois hommes ne pouvaient en faire le tour en se donnant la main.

Sous le régime bernois, la dîme de Servion et Ferlens se partageait entre le Château d'Oron, les chartreux de la Part-Dieu et Crousaz de Corsier.

Au milieu du XVIIIe siècle, M. Falconnier de Vevey, possédait "rière Servion et Ferlens un droit de gerberie soit messellerie produisant 125 à 130 gerbes par an, dont parfois 4 ou 5 en avoine". Ce droit se prélevait à raison d'une gerbe de froment sur chaque particulier qui avait des graines semées. Ceux qui n'avaient pas de froment semé donnaient de l'avoine.

En 1897, Servion faisait partie de la paroisse de Mézières. Il a été érigé en suffragance pastorale avec les communes des Cullayes et d'Essertes. 

 
Séparation Servion / Ferlens

Jusqu'au début du XIXe siècle, Ferlens faisait partie de la Commune de Servion. La séparation de nos deux villages fut ordonnée par un décret du Grand Conseil daté du 3 juin 1816.

Depuis de nombreuses années, de "graves" différends opposaient les citoyens des deux bourgs.Le 1er mars 1815, Jean-Jacques Gillieron, Daniel Pasche et Jean-Daniel Pasche adressèrent au Landamman et au Conseil díÉtat une pétition demandant la séparation et ceci pour les motifs suivants :

- difficultés dans le partage des bois ;
- un seul régent, sauf en hiver, pour les deux agglomérations ;
- séance de municipalité à Servion. Ferlens est trop éloigné (une demi-heure) pour que les gens de Ferlens assistent aux séances ;
- discussions sur le partage des amendes pour délits forestiers (les deux-tiers appartenant aux pauvres du lieu).

La municipalité, avec Jean-Baptiste Devaud comme syndic, fait opposition à cette pétition. Ferlens fait une deuxième opposition. Le 3 juin 1816, le Grand Conseil décide le partage. Un acte de partage devra être négocié et les bourgeois devront opter pour Servion ou Ferlens.

L'accord final sera signé le 19 octobre 1820. 834 bourgeois opteront pour Servion et 377 pour Ferlens.

 
Au XXe siècle

Depuis le début de ce siècle les habitants de Servion portent le sobriquet de "ânes".
Pour quelle raison ?

Il existe dans la région de Servion-Mézières d'anciennes carrières de molasses. Les chariots lourdement chargés étaient tirés par des ânes. Bêtes et âniers cheminaient paisiblement le long des routes conduisant à Lausanne.

On prenait son temps, on s'arrêtait fréquemment. Les bourricots se régalaient de chardons, nombreux dans le Jorat, tandis que les charretiers lampaient la piquette au baril ou buvaient un verre dans un des rares relais.

C'est ainsi que, cahin-caha, on érigea de nombreux édifices lausannois en molasse de Servion (Crédit Foncier Vaudois par exemple).

La ronde du Jorat de René Morax tirée de "La Dîme" jouée au théâtre de Mézières en mai 1908 dit notamment : "Que voit-on à Servion ? Des ânes tondre les chardons, tra-la-la !" La ronde du Jorat baptisait ainsi les habitants de Servion, tout comme elle le fit avec les "coucous" d'Essertes et les habitants des autres villages de notre région.

Quelques années plus tard, soit le 4 avril 1938, le Département militaire autorisait la construction d'une tour de forage d'une hauteur de 45 mètres dans le quartier des Planches destinée à des recherches pétrolières. Des forages ont été entrepris à une profondeur de 1'432.95 mètres mais malheureusement sans succès exploitable.

Ces quelques évocations historiques n'ont pas la prétention de refléter les événements les plus marquants du village mais uniquement de résumer quelques faits recueillis par le sousigné lors de recherches à la Bibliothèque Cantonale Universitaire et aux archives cantonales.



Gilbert Cuttelod, septembre 1995

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